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Kurt Klaus Der Waffenbrüder

Dernière mise à jour : 21 déc. 2022



On découvre Kurt Klaus à l’arrivée à Buenos Aires. Il est le patron d’Aéro Patagonia, une compagnie de tourisme aérien basée à Calafate qui dispose d’une petite flottille de Cessna 172 pouvant accueillir trois passagers en plus du pilote. Il fait découvrir aux touristes les splendeurs de la région, Lago Argentino, Mont Fitzroy et Périto Moreno. Et il convoiera Souen, Jean et Juan de Buenos Aires à Calafate.





Les origines de Kurt Klaus Der Waffenbrüder


Kurt, allemand d’origine, est un homme jeune, proche de la quarantaine, comme Peyo Etchegaray d’Apalats. Plutôt grand, blond aux yeux bleus qui respirent la franchise, il a un visage buriné et bronzé de ceux qui vivent au grand air. Très athlétique, il est souvent vêtu d’une tenue d’aviateur, pantalon marine, chemise bleu ciel sous un blouson de cuir noir.



Mais Kurt a aussi un passé qu’on ne découvre qu’à la fin du roman : Il était dans l’armée allemande lors du débarquement en Normandie : 6ème Fallschirmjäger, chasseur parachutiste, initialement Luftwaffe, puis 91ème Division d’Infanterie de la Wehrmacht. Présent à la terrible bataille de Carentan il faisait face à Peyo Etchegaray d’Apalats lui au 505ème PIR, 101ème US Airborne.



Kurt pour allemand n’était pas nazi, mais il a combattu pour sa patrie l’Allemagne et puis il a été déçu, d’abord par celui qu’il appelle « ce cochon d’Hitler » puis par la défaite et la partition ! Déçu par sa patrie l’Allemagne il a émigré et trouvé en Patagonie une Patrie de Rechange où se retrouvent Jean de Roche Croix déçu par la France, Juan de Roca Cruz et Miguel Sallaberry déçus par l’Espagne.

Littéralement traumatisé par l’histoire de la petite fille de la ferme de Carentan (voir Officiers Perdus T2 Chapitre VI Le Bagpiper) au point d’assumer un crime qui n’a pas existé et donc qu’il n’a pas commis, il est à la recherche d’une rédemption …


Officiers Perdus T2 Rebond en Patagonie Chapitre XVII Waffenbrüder


Juan fit les présentations et quand il mentionna que les trois français étaient de anciens parachutistes, en Indochine et en Algérie, l’œil de Kurt s’alluma accompagné d’un bon sourire.

— Ach so ! Parachutistes ? Moi aussi, ja, mais plus tôt que vous en Normandie en 1944, ja !

Peyo fit un bond de son fauteuil !

— En Normandie j’y étais aussi ! Tu étais où ?

— 6ème Fallschirmjäger, chasseur parachutiste, initialement Luftwaffe, puis 91ème Division d’Infanterie de la Wehrmacht, mais ces jours-là on nous avait mis en renfort de la 17ème Panzer Grenadier de la SS, pas un bon souvenir, pas un bon souvenir du tout, nein ! À Carentan !

— À Carentan ? Ce n’est pas possible ! J’y étais aussi 505ème PIR, 101ème US Airborne.

— Le 10 Juin 1944 ?

— Oui !

— La ferme ? La petite fille ? Le joueur de cornemuse ?

— Oui, oui et oui !

— Mais alors ? Waffenbrüder ?

— Frère d’armes ! Oui !

Peyo et Kurt étaient maintenant debout, l’un face à l’autre, stupéfaits. Pour l’un comme pour l’autre, c’était la première rencontre avec un acteur de cette fameuse journée, il y avait eu tant d’émotions et ils auraient tant de choses à se raconter et peut-être comprendraient-ils enfin ? Ils se jetèrent dans les bras l’un de l’autre se donnant de vigoureuses tapes dans le dos. Mendiburu, qui avait entendu l’histoire à Fresnes les rejoignit !

Juan et Sergio-Jean ne la connaissaient pas, mais se réjouissaient du courant qui venait de passer entre Peyo et Kurt, ce qui ne pouvait que faciliter les choses.

— C’était la guerre, ja ! Une situation horrible. Une petite fille, seule survivante dans une ferme ! Horrible, nous reculions déjà, alors il fallait tenir la ferme, ne pas la lâcher. Mais pour cela, il fallait tuer la fillette. Personne ne voulait le faire. Les SS ne voulaient pas et nous, encore moins. Déjà nous, dans la Wehrmacht, on n’aimait pas les SS. Pourquoi une deuxième armée ? Et puis leurs méthodes ! Enfin là, c’était différent les SS ne voulaient pas tirer non plus. Leur lieutenant avait ses chefs à la radio, on a compris qu’ils lui donnaient l’ordre de tirer mais qu’il refusait de transmettre et il a conclu en disant : « Vous n’aurez pas le temps de me fusiller, je serai mort avant ! ». Et là, le joueur de Cornemuse est arrivé et il a sauvé la petite fille, c’était beau, ja, au milieu de cette horreur !

— J’étais là moi aussi, de l’autre côté, le Bagpiper s’appelait John et la fillette Stéphanie T. On aurait dit que le bon Dieu lui avait envoyé St Michel pour la sauver ! Comme quoi il ne faut jamais désespérer ! Car là, personne n’aurait parié sur cela ! Sur ce miracle !

— Un miracle, ja !



— Seriez-vous prêts à nous aider ?

— Waffenbrüder ?

Il s’adressait à Jean qui s’était peu exprimé jusqu’à présent.

— Oui, je n’étais pas en Normandie comme Peyo, mais je l’ai connu à Cyr puis à Saumur, et j’ai sauté sur Dien Bien Phu pour le rejoindre. Après l’Algérie, j’ai été condamné à mort. J’ajoute que les deux petits sont mes enfants. Acceptes-tu de nous aider Kurt ?

— Jawolh ! Je vous aiderai mein Waffenbrüder, mes avions sont à votre disposition et moi avec !

Un soupir de soulagement pour les quatre hommes en face de lui, le relâchement était palpable.

— Condamné à mort ? Chez nous il y en a eu beaucoup. Pas moi, mais c’est en partie pour ça que j’ai quitté l’Allemagne et je suis arrivé ici en Patagonie, ja la Patagonie… plus d’allemands, d’espagnols, de français même plus d’argentins ! Rien que des patagons. Dans votre Légion ils disent « Légio Patria Nostra ! » ici c’est « Patagonia, Patria Nostra ! »

— Tu connais la Légion Etrangère ?

— Oui beaucoup de Kamareden à moi, se sont battus contre vous en 1944, ont sauté avec vous sur Dien Bien Phu en 1954, dix plus tard dans la Légion, ja ! Kein Problem ! Kurt contre vous en Normandie, Kurt avec vous en Patagonie ! Kein Problem !

— Tu as quitté l’Allemagne, moi j’ai quitté l’Espagne !

— Pourtant vous aviez gagné ! Nous allemands, nous avions perdu, l’Allemagne Kaput coupée en deux, une moitié communiste ! Quel bilan ! Cochon d’Hitler ! La Patagonie, pour oublier !

— Oui, nous on avait gagné mais l’Espagne pas mieux, un pays divisé, besoin d’autre chose, d’un pays neuf, la Patagonie !

Jean-Baptiste Mendiburu était songeur. Finalement ils étaient tous ici pour la même raison : se reconstruire. Que dire de ces états qui broyaient les leurs au point que ceux-ci étaient obligés d’en choisir un autre ?



La voix de Klaus changea pour devenir blanche, les yeux fixes dans le vague, vivant ce moment intensément, il ajouta :

— Le 10 juin 1944 en Normandie une fillette a failli mourir. Elle était entre Peyo et moi. Par un vrai miracle elle a été sauvée mais elle a failli être tuée par nous, par moi peut-être, et depuis ce temps-là je me suis dit que sauver un enfant sera un jour, ma seule possible rédemption. Aujourd’hui, là il y en a deux, et ce sont les vôtres, nous les sauverons Madame ! Ja, nous les sauverons !

Souen ne pouvait retenir ses larmes et le voyant lui aussi très ému, elle chercha à l’aider :

— Mais enfin Klaus pourquoi parler de rédemption vous n’avez rien fait, vous, à cette fillette qui de plus a été sauvée.

— Ja personnellement rien mais notre groupe a détruit la ferme où elle vivait, a tué ses parents, et l’a mise elle en danger de mort ! Vous appelez ça rien ?

— Oui c’est terrible mais ce n’était pas vous c’était la Wehrmacht !

— C’était même plutôt la SS car on avait été envoyés à la disposition de la 17ème SS Panzer Grenadier donc et, cela me coûte de le dire, ce jour-là c’était bien dans la SS que je me trouvais, mais cela ne change rien, groupe Wehrmacht ou groupe SS, j’appartenais à ce groupe mortifère. Dans l’armée, on est tous solidaire du groupe dans la défaite comme dans la victoire, comme dans le crime ! Si un groupe militaire commet un crime tous les membres du groupe en sont coupables, tous ! Je suis donc coupable de cette horreur, je dois me racheter et sauver vos deux enfants sera enfin ma rédemption, ja ma seule rédemption !




Retrouvez vos héros dans les deux tomes ci-dessous :










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