Colonel JB Mendiburu

Voilà ce qu’on dit de lui :

"Arrivé au PC, il fut chaleureusement accueilli par Mendiburu, ravi de rencontrer un « pays ». Quand on voyait celui-ci on ne pouvait dire s’il était plus rugbyman que pelotari[1]. En fait il était les deux. Plutôt grand, athlétique, on voyait surtout dans son visage viril et buriné des yeux noirs intenses qui révélaient son instinct de chasseur qu’il était aussi. Jean Baptiste devait plaire aux femmes ! Mais à Dien Bien Phu il n’y en avait guère ! 

Il était Capitaine il y a six mois ! On l’a parachuté à l’extrême nord du pays, quasiment en Chine, avec une compagnie du 6éme RPC (1) pour prendre une piste d’atterrissage et attendre qu’on achemine des renforts. Il l’a fait et on lui a annoncé après coup que l’opération était annulée et qu’il lui fallait se rendre. On n’en entend plus parler et environ trois semaines plus tard, il réapparaît sur nos lignes en faisant défiler ce qui lui reste de sa compagnie au pas cadencé et en chantant la Marseillaise. Il venait de traverser environ quatre cents kilomètres en lignes ennemies avec les Viets aux trousses ! A l’Etat Major qui lui faisait remarquer qu’il avait désobéi aux ordres et qu’il avait perdu la moitié de sa compagnie, il rétorqua que s’il s’était rendu, c’est probablement la totalité qui ne serait jamais revenue des camps Viets. Il avait sûrement raison. Cela a beaucoup énervé les généraux, qui le méprisent déjà parce qu’il n’a fait aucune école, mais ils n’ont pu s’empêcher de le passer Commandant et de lui de donner la cravate de Commandeur de la Légion d’Honneur. La légende vivante des paras était née. »

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Mais pourquoi Jean Baptiste a-t-il fait cela ? Parce que Jean Baptiste aime profondément les gens et plus particulièrement ses soldats ! Il préfère donc les faire crapahuter avec les Viets aux trousses que de les voir enfermés dans un camp Viet promis à une mort certaine !

Jean Baptiste a quand même un petit côté voyou. C’est son côté, contrebandier basque, qui ressort parfois ! il ne s’embarrasse guère des formes, tutoie facilement, n’hésite pas à braquer avec un flingue un médecin peu enclin à soigner un civil et ne peut pas s’empêcher d’embrasser la Princesse Napoléon qu’il trouve tout à fait à son goût !

Jean Baptiste n’a fait aucune école ni civile ni militaire. Très tôt il a rejoint les maquis de la Résistance et il a continué dans l’Armée. C’est l’archétype de l’homme d’action.

Dans l’Armée il détonne mais il séduit. Il n’a pas les diplômes ni les codes. Mais il gagne ! Et évidemment ça compte dans l’armée ! Et il plait aussi car beaucoup aimeraient être comme lui mais n’osent pas. Donc lui qui n’a aucun diplôme est le plus jeune Colonel de l’Armée !

Sa relation avec le Général Serge de Roche Croix est à ce titre révélatrice. Théoriquement le général est son antithèse : St Cyr & Saumur versus autodidacte, aristocrate versus paysan. Serge arrivera à attirer Jean Baptiste dans la très chic Cavalerie et pour cela recréera le 13 -ème Hussard qu’il rendra parachutiste dans ce but ! Pourquoi ? Jean Baptiste a fait changer Serge d’avis sur les paras. Serge pense que Jean Baptiste est le meilleur donc il le veut dans la Cavalerie !

Jean Baptiste est un affectif : quand il est obligé de faire fusiller un déserteur il ne peut pas retenir ses larmes.

Comme beaucoup dans l’OAS se rebeller est un devoir pour deux raisons

  1. Refuser d’obéir est un devoir quand on vous demande de manquer à une parole donnée.

  2. La loyauté envers la France l’emporte sur la loyauté envers le chef quand celui-ci déraille même s’il s’appelle de Gaulle.

(1) Régiment de Parachutistes Coloniaux