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Juan de Roca Cruz






Juan de Roca Cruz est le cousin espagnol des Roche Croix. Grand d’Espagne, équivalent de Pair de France, c’est vers lui que le général Pierre de Roche Croix, l’oncle de Jean s’est tourné quand celui-ci est parti pour Madrid après son évasion.

C’est à Juan que Pierre de Roche Croix donnera la redoutable tâche d’annoncer à Jean sa condamnation à mort ! Pierre, seul membre de la famille présent lors du verdict, craint que celui-ci l’apprenne par la Presse !

Juan de Roca Cruz s’acquittera de cette tâche mais, plus encore, il se voudra architecte de la reconversion de Jean et Souen en Patagonie, la Patrie de Rechange ! Construire un orphelinat, un haras de criollos et gagner des matches de polo, sans oublier de danser le tango, danse la plus érotique du monde avec son épouse, la sublime Valentina, Juan vous fera faire tout çà et même plus, tout au long du Tome 2 : Rebond en Patagonie.





Officiers Perdus T2 Chapitre I La Sentence


Le général se rappelait maintenant leur dernière rencontre au Polo de Paris dans le bois de Boulogne. Juan de Roca Cruz était un grand amateur de Polo et se rendait à une compétition qu’il disputait sous les couleurs d’une équipe argentine dont il avait d’ailleurs la nationalité en plus de celle d’espagnole.

Juan était un grand bel homme athlétique. Brun aux yeux noirs, très élégant et très bien élévé, il possédait une allure indéniable et tout le charme latino. Natif de Séville où il avait grandi, il avait le caractère enjoué, exubérant et extraverti des andalous. Ayant servi dans la cavalerie épagnole et investi ensuite en Argentine, il avait magnifiquement réussi et était devenu un gros propriétaire terrien en Patagonie. Il était d’une génération intermédiaire entre la sienne et celle de Jean, il devait approcher les 45 ans.

Il semblait à Pierre que Juan tenait physiquement du colonel Mendiburu avec toute l’élégance de son frère Serge de Roche Croix, un beau mélange, se disait-il.



Juan était pensif. Il lui revenait donc d’annoncer à son cousin français qu’il venait d’être condamné à mort par son pays ! Une corvée dont il se serait bien passé, mais voilà, c’était tombé sur lui, il allait falloir le faire. Ce dîner, qui était initialement prévu pour que Jean lui présente Souen, passait de la mondanité au drame. Jean s’était courageusement battu en Indochine et en Algérie, il le savait, puis il avait été emprisonné, dégradé, s’était évadé et maintenant condamné à mort. Quel parcours ! Cela lui rappelait l’histoire de ces fameux corsaires qui s’étaient battus pour diverses marines européennes contre la couronne d’Espagne et qu’on vénérait alors pour cela. Mais qu’on s’était mis à détester quand, après les avoir rejetés parce qu’on n’avait plus besoin d’eux, ils avaient hissé le drapeau noir, avec tête de mort et tibias entrecroisés, pour devenir pirates ! Il y avait quelque chose de semblable dans ces paras français ! Du coup, ceux-ci avaient toute sa sympathie !

Pour Juan, espagnol devenu argentin, le drame algérien était lointain mais il était maintenant investi d’une mission : d’abord, lui annoncer la terrible nouvelle, la sentence, et ensuite, faire en sorte qu’elle ne puisse jamais s’appliquer ! Et il prenait cela très au sérieux.

En matière de guerre, Juan n’avait que la guerre d’Espagne pour exemple et il l’avait faite dans le camp nationaliste du général Franco sans aucun état d’âme, pour sauver l’Espagne du Communisme, pour lui, péril tout à fait comparable au Nazisme. Mais en 1939, malgré leur victoire, cette guerre enfin achevée, il avait eu besoin de changer d’air et Buenos Aires lui avait paru tout indiqué ! Changer de patrie, une nouvelle vie que lui avait choisie, son cousin douze ans plus tard, lui, y serait forcé. Il l’aiderait.




Officiers Perdus T2 Chapitre II Partir



— Mais qu’est-ce qu’on va faire maintenant ?

— Vous vous reposez après le choc ! Moi, je n’ai plus qu’une chose à faire, empêcher la sentence d’être exécutée ! Ce n’est pas ton guignol de de Gaulle qui fera la loi en Espagne ! Le hasard vous a mis ce soir devant moi ! Moi, Juan Diego Maria de Roca Cruz Grand d’Espagne et Prince de Patagonie, je vous offre ma protection !

— Tu es Prince de Patagonie ?

— Là Jean, tu me rassures ! Pas vraiment, mais si tu m’y suis, tu comprendras. Bueno ce n’est pas tout, il nous faut de la Sangria !

Il se leva pour aller vers le bar où les serveurs l’observaient avec une certaine inquiétude !

— Bueno amigos ! Sangria por nosotros ! Es el tiempo por la fiesta !

Et il revint accompagné de deux serveurs, l’un portant des verres et l’autre une carafe de Sangria ! Souen se remettait elle aussi de ses émotions :

— Juan, pardonnez mon inculture, mais c’est où la Patagonie ?

— Vous êtes toute pardonnée ma chère, c’est un territoire oublié des hommes, mais pas de Dieu, au Sud des deux Amériques séparé en deux entre le Chili à l’Ouest et l’Argentine à l’Est par la cordillère des Andes. C’est là-bas, en Argentine, que j’ai refait ma vie, j’y possède une modeste Estancia, finca si vous préférez, de neuf mille hectares ! C’est là où je vous invite !

— Neuf mille hectares une modeste Estancia, tu blagues Juan, c’est énorme !

— Non Jean, cela le serait en France et en Espagne mais pas là-bas où les gros commencent à trente mille ! Territoire oublié des hommes, cela a des avantages ! Allez buvons de la Sangria car nous allons devoir nous battre ! À la Patagonie !


Souen était perplexe après le choc de la terrible nouvelle, un espoir semblait apparaître, n’était-ce pas trop beau ? Ou trop tôt ?

— Excusez-moi Juan c’est beaucoup de choses en même temps, je vous en suis d’abord très reconnaissante, mais comment y aller ? Jean ne peut plus voyager si ?

— Bueno, je le vois mal aller demander un visa à l’ambassade de France ! Mais voyager bien sûr ! Como no !

— Mais oui comment ?

— L’Argentine est un pays neuf ! Je suis le Consul d’Espagne en Patagonie ! Et pour tout arranger il me faut juste avoir l’accord du consul d’Argentine en Espagne.

— Qui est ?

— Eh bien moi également !


Très heureux de son effet, il arborait là un très grand sourire et déployait tout son charme. L’andalou était aux anges !


— Comprenez-moi, espagnol je suis consul en Argentine, argentin je suis consul en Espagne ! Donc il va vous falloir des papiers et c’est moi qui vais vous les fournir et c’est moi qui les vérifiera ! Si on mangeait quelques tapas ? On ne décidera rien ce soir il va falloir attendre Pierre.

Un serveur se présentait avec un plateau, et s’adressa à eux en employant le français.

— Quelques tapas, des chipirons à la plancha, notre fameuse pipérade et du jambon iberico belotta de quatre ans d’âge. Je vous souhaite un bon appétit et si vous le voulez on vous en apportera d’autres !





Officiers Perdus T2 Chapitre VII Vade-Mecum


— Jean, je vous ai tous connus en Indochine et vous ai suivis en Algérie. Vos blessures, je ne peux pas les partager avec vous car personne ne le pourrait, mais je les ai observées et comprises. Elles ne sont pas oubliables mais elles sont atténuables. Moi, j’ai déjà perdu l’Indochine et cela a été terrible, je pensais ne pas m’en remettre. Je vous ai suivis en France puis en Algérie et j’ai tellement été heureuse en Algérie, cela ne m’a pas fait oublier l’Indochine, non, mais quand je pensais à elle, je ne pensais plus qu’à des moments de bonheur et à rien d’autre. Alors ? Peut-être l’Argentine sera pour l’Algérie ce qu’a été l’Algérie pour l’Indochine ?

— Souen a raison Jean, il faut que tu passes à autre chose !

— Parle nous de l’Argentine !

— L’Argentine est un beau pays, un pays immense et un pays neuf où tout est encore à faire. C’est pour cela qu’elle a besoin de vous, elle a besoin de nous. Moi, après la guerre civile, j’ai préféré partir faire grandir ma petite sœur l’Argentine, que de rester soigner ma mère l’Espagne. Ce changement de vie et de patrie, moi, je l’ai choisi et vous, vous y êtes contraints, mais je ne peux que vous le recommander.





Officiers Perdus T2 Chapitre XII Le haras de Criollos


L’orphelinat paraissant en bonne voie, Juan voulait maintenant s’attaquer à un deuxième sujet prioritaire, les chevaux. Certes il était officier de cavalerie, joueur de Polo, cavalier émérite, mais il n’y avait pas que l’amour du cheval. En effet celui-ci était, pour le moment, et cela risquait de durer longtemps, le seul moyen de garder un troupeau. Au contraire de l’Europe, les distances à parcourir étant vingt fois plus grandes, les bergers ne pouvaient pas se déplacer à pied.

Les moyens motorisés, mobylettes, motos ou encore petites voitures étaient illusoires vu l’impossibilité totale de se ravitailler au milieu de ces immensités évidemment dénuées de stations-service ! Restait donc le cheval qui avait l’énorme avantage de se nourrir sur place et avec le troupeau.

L’Estancia Roca Cruz faisait 9 000 hectares, un hectare pouvant nourrir dix brebis, le troupeau total était de l’ordre de 90 000 têtes un peu plus ou un peu moins, difficile de savoir. Juan l’avait séparé autour de cinq bergeries chacune d’entre elles gérant donc, un peu moins de 20 000 têtes, ce qui lui paraissait un maximum. A l’heure actuelle, pas moins de 900 gauchos s’occupaient des brebis en permanence, un peu moins de 200 par bergerie ce qui donnait une idée de la taille de celles-ci !

— Donc Sergio, tu l’auras compris le client prioritaire du haras sera l’Estancia elle-même puisqu’on a besoin d’environ mille chevaux rien que pour nos gauchos.

— Juan, environ mille chevaux mais pas tous les ans ?

— Non bien sûr mais en moyenne ils durent vingt ans donc il nous faut en renouveler cinquante par an. Ça serait ton chiffre garanti par l’Estancia Roca Cruz, mais je pense que les autres Estancias seront très intéressées par un haras dans cette partie du monde et il y a aussi les clubs de Polo, qu’il ne faut pas oublier, il y en a plus de 200 en Argentine cela ferait un appoint non négligeable ! Bien sûr on ne prendrait que nos valeureux criollos réservant les meilleurs pour le Polo.






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