Le FLN, Front de Libération Nationale (Algérie)




Il convient de remarquer le contexte, en 1954 on est toujours dans l’après-guerre qui a vu la naissance de deux empires : les USA, États-Unis d’Amérique, et l’URSS, l’Union soviétique. Ce sont les deux empires naissants bien que l’Union soviétique soit l’héritière d’un autre empire celui des tzars, la Sainte Russie.

Ces deux nouveaux empires n’étaient d’accord que sur une chose : Battre L’Allemagne d’Hitler. Dès début 1945, donc un peu avant leur victoire finale, les Russes et les Américains se sont partagé l’Europe à Yalta actant de la mort de l’Allemagne, séparée en deux, Berlin en quatre, d’un glacis entre celle-ci et l’URSS dont la malheureuse Pologne déplacée vers l’Ouest est la principale victime, avec les Tchèques, les Slovaques, les Hongrois et plus au Sud les Roumains, les Bulgares et les Yougoslaves.

On s’est partagé l’Europe selon le principe du « Plus jamais ça ! » cette guerre était la dernière ! Cela fait sourire aujourd’hui ! L’Europe partagée, oui, mais le Reste du Monde ? Beaucoup moins clair, mais on considère qu’il y aura des zones d’influence russe ou américaine. C’est le début de la guerre froide !

Le corollaire de Yalta est l’acte de décès des deux empires britanniques et français, le monde sera sous domination soit russe soit américaine. Au début on pense que géographie oblige, l’Asie centrale serait une zone russe comme l’Amérique centrale une zone américaine, mais très vite rien ne sera respecté, les Russes essaieront de s’implanter en Amérique et les Américains en Asie dans des guerres qui ne seront plus froides du tout.

Et l’Afrique dans tout ça ? C’est une grande inconnue ! Elle était sous domination française ou britannique, elle ne doit plus l’être ! Mais ce n’est pas une priorité et es Russes inventent alors un nouveau concept : les Mouvements de Libération ! Ceci dans le cadre du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ! Si ! Si ! Bon d’accord ce droit n’existe pas pour les peuples d’Europe de l’Est, mais ils n ’en ont pas besoin puisqu’ils vivent dans le paradis communiste !



Le FLN sera le mouvement de libération du peuple algérien ! Le rôle du KGB


Nouvellement nommé ainsi début 1954, le KGB est l’héritier des services secrets des Tzars à la réputation d’excellence solidement établie. C’est à son premier Directorate (Direction) qu’incombe la responsabilité d’accroître l’influence de la Rodina (Patrie) à l’extérieur du territoire. Un point important : le KGB défend la Patrie, pas le Système ! Si le système a changé pas la Patrie qui est toujours la Sainte Russie ! Donc pas de changement pour le KGB qui défend la Rodina encore et toujours à l’intérieur comme à l’extérieur ! Le Premier Directorate chargé de l’extérieur aura un allié de poids : Le Quatrième Directorate chargé de la Désinformation.

Sous cette appellation anodine se cache un énorme pouvoir : celui de faire douter l’ennemi ! Véritable disciple de l’intellectuel communiste italien Antonio Gramsci, théoricien du Pouvoir Culturel, Le Directorate IV va parcourir le Monde avec une théorie simple : L’Union soviétique représente le camp du bien, les USA, renommés Impérialistes, sont le camp du mal ! Donc pour être dans le camp du bien il faut être un ami de l’URSS et si vous êtes un ami des USA, les impérialistes, vous êtes dans le camp du mal inévitablement !

En Algérie puisque la France, alliée de l’Amérique est dans le cap du mal, le FLN se retrouve donc dans le camp du bien ! Et c’est pour cela qu’il aura le soutien non seulement du Parti Communiste Français, mais encore de toute la gauche française tombée dans le piège du Directorate IV du KGB !



Une naissance dans le sang : 1954 la Toussaint rouge





Le FLN sera créé en Egypte au Caire en octobre 1954 et sera historiquement le premier mouvement à s’inscrire dans la violence, seul moyen assumé pour la conquête du pouvoir. Il se fera tristement connaître le 1 er novembre 1954 avec l’exécution de 7 Français d’origine européenne (ils ne s’appellent pas encore Pieds Noirs) dont un couple d’instituteurs fraîchement arrivés, ce qui émouvra particulièrement la France !

En tous cas, 7 assassinats d’innocents, pas mal pour l’acte de naissance du FLN, camp du Bien !

LE FLN se proclame socialiste et nationaliste, comme Nasser ! Ils sont pro soviétique bien sûr !



Le temps de la guerre : FLN/ALN


Bien que la guerre n’ait jamais été qualifiée comme telle, mais comme Événements d’Algérie, le FLN avait une branche militaire nommée ALN pour Armée de Libération Nationale, et bien que cela soit un peu plus complexe pour simplifier les choses on peut considérer qu’il y avait trois FLN/ALN

  • À la frontière marocaine à Oujda : Houari Boumediene

  • L’Algérie centrale et surtout la Kabylie : Krim Belkacem

  • En Tunisie : Ben Bella

Pendant la guerre ce fut surtout le FLN du centre de l’Algérie commandé par Krim Belkacem (après de multiples querelles intestines) qui s’illustra contre l’armée française. Les deux armées aux frontières se chargeaient, elles, de l’approvisionnement en armes.

Militairement le FLN/ALN a perdu la guerre, les plus violentes batailles ont eu lieu en Kabylie et dans les Aurès, bataille des frontières, en 1956/1957 et l’armée française les a toutes gagnées. Comprenant que sur le terrain ils n’avaient aucune chance le FLN déplace alors le combat dans les grandes villes dans leurs centres avec une campagne de terrorisme. Ce sera la Bataille d’Alger que le Général Massu et ses paras gagneront avec des méthodes contestées d’inspiration Viet Minh !





Parachevant la victoire, le Plan Challe, qui décide d’occuper les massifs montagneux préventivement pour empêcher les rebelles de s’y réfugier, sera la dernière victoire et l’Algérie totalement pacifiée !

Puis ce sera la trahison de de Gaulle, le référendum d’autodétermination et l’Algérie donnée au FLN vaincu !

En final le FLN sera l’auteur du sinistre choix offert à tous ceux susceptibles d’être favorables à la France : La Valise ou le Cercueil !





On rappelle les 150 000 Harkis et les 15 000 Pieds Noirs massacrés après les accords d’Évian donc une fois la paix installée !

Une fois au pouvoir ce sera Ben Bela qui venait de Tunisie remplacé bientôt par Boumediene l’homme d’Oujda que le KGB considérait comme plus orthodoxe et plus fiable !


Officiers Perdus Chapitre VII page 110

Mendiburu était pensif face à une grande carte qu’il avait fait afficher sur un mur de son bureau. Il se tourna vers Peyo :


— Ah te voilà ! Mauvaise nouvelle, Jean est tombé dans une embuscade en plein djebel, un vrai traquenard. Il a pris une balle, dans le poumon probablement, il est inconscient. Il est tombé sur le gros de la force militaire de la Willaya IV, celle dont tu nous avais assuré la constitution il y a six mois. Plus questions de fusils de chasse cette fois, mais des armes automatiques tchèques. On me dit qu’ils sont très bien organisés, qu’ils manœuvrent bien et qu’ils sont commandés par Laarbi ex Capitaine parachutiste disparu à Cao Bang et que nous retrouvons ici par miracle !


Officiers Perdus Chapitre X page 152

En ce soir du 6 juin 1958, les discussions allaient bon train et ne portaient toutes que sur un seul sujet : La visite du Général de Gaulle, à Alger d’abord puis à Mostaganem le lendemain.

Cette visite qui intervenait moins d’un mois après son retour au pouvoir le 13 mai, avait été présentée comme un remerciement, et même, une action de grâce envers l’armée, l’armée d’Algérie qui avait posé un ultimatum à la 4-ème République, exigeant simultanément le retour du Général, l’Algérie Française et une nouvelle constitution annonçant la nouvelle 5-ème République. La presse disait même que c’étaient les Paras qui avaient remis de Gaulle au pouvoir, tant ceux-ci constituaient le noyau dur et, aussi, le fer de lance de l’Armée d’Algérie.


Officiers Perdus Chapitre XV page 204

— Mais la guerre est finie, Raoul tu le dis toi-même ! Et le Plan Challe a admirablement parachevé la victoire ! Je dois dire qu’occuper préventivement les massifs montagneux, véritables bases de repli pour les fells, les rendant inaccessibles était une brillante idée surtout pour un aviateur !

— Mon Général si je peux m’exprimer.

— Allez-y Cottard

— Vous ne serez pas surpris, même si nous le voulions nous ne pourrions pas donner l’Algérie au FLN ! imaginez le sort de tous ceux qui nous ont soutenu dans la population musulmane : les instituteurs, les infirmiers, les postiers, tous les fonctionnaires sans parler de nos harkis, bien sûr, tous ces gens promis à une mort certaine, alors que nous leur avons promis sécurité et prospérité dans l’Algérie Française, on ne peut pas leur faire ça ! Ce serait de la non-assistance à personne en danger ! Et en danger de mort ! Moi c’est à eux que je pense en premier, pas aux colons. Eux perdront tout, mais auront la vie sauve, au moins !




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