Le Putsch d’Alger

Dernière mise à jour : 7 juin


Un putsch est une tentative de coup d’Etat réalisée par les armes. Son but ultime ? L’accession au pouvoir en renversant l’ordre préétabli. Pour ce qui est dans le cas présent, du putsch d’Alger celui-ci était voué à l’échec. Pourquoi ? Laissez-moi vous raconter à travers cet article la véritable histoire de ce fait historique !


Le putsch d’Alger était inévitable


Tous les gouvernements qui se sont succédés de 1954 à 1958 étaient d’accord sur un point : il fallait gagner la guerre d’Algérie ! Ils ont donc demandé à l’Armée Française de gagner cette guerre ! Celle-ci échaudée mais aguerrie par la guerre d’Indochine ne demandait pas mieux. La guerre a été gagnée dès 1958 et quelque part c’est la raison du retour au pouvoir De de Gaulle. L’armée, qui en l’exigeant, lui avait permis son retour au pouvoir, lui a demandé la confirmation de la politique de l’Algérie Française.

Le malheur c’est que de Gaulle l’a confirmée. Donc en 1958 on a une armée victorieuse qui est confirmée dans son rôle par le pouvoir. Et deux ans plus tard, on demande à l’armée victorieuse de rendre sa victoire au vaincu. C‘est sûrement la première raison du putsch.

Pourquoi les divers gouvernements voulaient-ils gagner cette guerre ? Mais parce que l’Algérie c’était la France ! Tous les habitants étaient Français ! Et on leur a promis à tous que la France resterait et qu’ils resteraient Français, tous : les Pieds Noirs, les musulmans, les fonctionnaires ! Et à qui a-t-on demandé de donner sa parole aux habitants ? A l’armée ! L’Armée, à la demande de la France, a donné sa parole aux habitants, qu’elle resterait, qu’elle les débarrasserait du FLN et qu‘ils resteraient français. Donc on demande, ou plutôt on donne l’ordre, à l’armée de donner sa parole qu’elle restera et deux ans plus tard on lui demande de dire à la même population qu’elle part, et qu’en plus, on livre le pays au FLN vaincu ! Ce FLN qui leur a promis le sinistre choix : La valise ou le cercueil !

On ne put pas demander à une armée de donner sa parole pour la renier ensuite ! C’est la deuxième raison du putsch.



Le putsch d’Alger était voué à l’échec



Raison hexogène : Fini le temps des colonies !

Tout le monde est d’accord sur ce point : Mais si le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes est souvent (et quasiment uniquement) invoqué, on oublie de dire que les deux empires naissant à l’issue de la deuxième guerre mondiale, les USA et l’URSS, avaient juré la fin des empires britanniques et français. Alors liberté d’un peuple à disposer de lui-même ? Demandez aux polonais ou aux tchèques ce qu’ils en pensent !



Raison endogène : Un certain manque d’ambition ?


  • Ne pas faire couler le sang : Une idée saine et noble en soi. Ils ne voulaient pas tirer sur d’autres soldats français. Certes mais que faire si d’autres soldats viennent les arrêter ? Rien, donc ils se sont faits arrêter par des gendarmes qui eux, avaient des ordres tout autres. Les arrêter par tous les moyens ! Une question philosophique : Peut-on réussir un coup d’état sans tirer un coup de feu ?


  • Circonscrire le Putsch à l’Algérie : C’est probablement l’erreur la plus grave. Pour ne pas risquer d’envenimer les choses, pour parler clair, ne pas prendre trop de risques, il a été décidé de prendre le contrôle d’Alger, Oran et Constantine, seulement. Il y avait des unités en France qui étaient prêtes à rejoindre le putsch, elles n’ont pas été utilisées. De même, envoyer les Paras sauter sur Paris pour une action spectaculaire que préconisaient certains et qui faisait tellement peur au Premier Ministre Michel Debré : Abandonné.


Officiers Perdus XVII


— Je commence par une affirmation : Tu vas nous refaire le coup du 13 Mai 58 !

— Pourquoi tu dis ça ?

— Oh simple le 13 Mai 58, vous aviez demandé trois choses : La fin de la 4-ème République, le retour de de Gaulle et le maintien de l’Algérie Française. Les deux premiers sont acquis mais de Gaulle vous a trahi sur le troisième. Il vous faut donc renégocier.

— Bien résumé Serge. Et après ?

— Comme de Gaulle ne veut pas négocier avec vous et qu’il donne l’Algérie au FLN, vous devez utiliser la force, vous y êtes obligés. Je devrais dire NOUS y sommes obligés !

—Tu es donc avec nous, j’en suis heureux et je suis admiratif de ton intelligence ! Je n’ai rien eu à te dire.

— Une première question. En 1958 le coup a été fait à Alger, cette fois-ci Alger ou Paris ?

— Alger c’est sûr, tu penses qu’il faudrait ajouter Paris ?

— Oui, voire même commencer à Paris. En 1958 vous avez remis de Gaulle au pouvoir, vous croyez qu’il va le quitter comme ça gentiment ? Non, et il est où son pouvoir ? A Paris !

— Développe s’il te plait !

— De Gaule est attaché au pouvoir comme une moule à son rocher, si tu veux le faire fléchir ne serait-ce que sur l’Algérie, il faut lui faire peur. Envoie tes paras sauter sur Paris c’est le seul moyen de lui faire peur !

— Bigre ! Mais nous ne voulons pas qu’il quitte le pouvoir, on veut juste qu’il respecte sa promesse !

— Si tu arrives à le faire reculer sur l’Algérie, il sera tellement vexé qu’il risque de partir, et là, ce n’est plus l’Algérie qu’il nous faudra diriger c’est la France, y as-tu seulement pensé ?

— C’est techniquement faisable, mais c’est déclarer la guerre à de Gaulle !

— Peux-tu imaginer de gagner sans ? La guerre il faut la déclarer, la faire et la gagner, Raoul ! Jamais le grand Charles ne vous donnera l’Algérie sinon !

— Mais nous, on voudrait restreindre le problème à l’Algérie.

— Lui ne vous laissera pas le faire ! Maintenant qu’il s’est engagé là-dedans et crois moi, il s’est engagé, nationalement et internationalement, il lui est impossible de céder sans y être obligé sinon il perdrait la face ce qui lui est impossible. Les paras sur Paris seraient une bonne excuse. Mais il y a plus important en 58 tu l’as fait contre Pfimlin et avec de Gaulle. Aujourd’hui tu le fais contre de Gaulle et sans personne avec toi ! Mais est-ce que tu crois que le Grand Charles est aussi facile à impressionner, qu’un vieux mollasson de la 4-ème ?





Réalisation du Putsch


Dans la nuit du 21 Avril 1962, six points stratégiques d’Alger seront pris et contrôlés : Le Gouvernement Général d’Alger, le palais d’été, l’hôtel de ville, la caserne Pélissier, la Radio et l’aéroport. Seuls le 1er REP et les Commandos de l’Air CP 40 sont utilisés. Pourtant la quasi-totalité de deux divisions parachutistes, la 10-éme et la 25-éme, ainsi que d’autres unités de Légion, Cavalerie et Infanterie s’étaient ralliées, en tout 25 000 hommes.

Le Mercredi 26 Avril tout sera fini ! De Gaulle a envoyé la Gendarmerie arrêter les putschistes qui ne se sont pas défendus.



Il y avait une certaine idée chez les officiers d’Algérie de refaire le coup du 13 Mai 1958. Mais le 13 Mai 1958 n’était pas un coup d’état. C’était une pression ou un chantage qui a fonctionné ! Mais 58 avait été fait contre Pfimlin et avec de Gaulle. En 1961 ils étaient contre de Gaulle et sans personne avec eux ! Il fallait au minimum faire peur à de Gaulle, ils n’ont pas osé ! Tuer le Père, selon Freud est une chose nécessaire mais pas facile ! Vous souhaitez en discuter ? Avez-vous votre propre avis sur la question ? Je serai ravi d’en débattre avec vous ici !

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