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Pampi Etchegaray d'Apalats - Un héros de roman ?


La différence entre l'école d'ingénieur et l'école militaire

Pampi a fait la première école de statistiques, l’ENSAE[1], grande école d’ingénieur accessible par concours, après Math Sup et Math Spé au lycée Saint Louis à Paris.

Après celle-ci, vers 22 ans, il a été admis à Saumur à l’École d’Officiers de la Cavalerie après la PMS[2] et la PMP[3].

Dans la première, on y apprend surtout à résoudre des problèmes, en l’occurrence des problèmes de chiffres. Déceler ce qui se cache dans une tonne de chiffres, discerner le vrai du faux, déceler une pépite d’or dans une mine de charbon. Dans le marketing où les consommateurs sont des millions, cela peut être très utile ! On appelle cela le « Data Mining dans le Big Data ! ». Ne riez pas !

Dans la seconde, à Saumur, on y apprend surtout à devenir un homme, mais un vrai, un officier et, qui plus est, un officier de cavalerie !

Pampi, fils de Peyo, est le héros des deux derniers tomes d’Officiers Perdus !


[1] Ecole Nationale de la Statistique et de l’Administration Economique, école d’application de Polytechnique.

[2] Préparation Militaire Supérieure

[3] Préparation Militaire Parachutiste



Tome 3 et 4 Officiers Perdus


Laquelle des deux écoles était la plus facile ?

 Difficile à dire, mais

Pour l’ENSAE, comme pour toute école d’ingénieur, la sélection était basée sur les Maths. D’abord être capable de rentrer en Math Sup donc faire partie des deux-trois premiers de la Terminale Scientifique, puis passer en Math Spé et enfin les concours où tout se joue, car bon toute l’année, on peut échouer aux concours à cause du stress ! Il ne faut en tirer aucune gloire, car c’est un don ! On est doué en Maths, ou on ne l’est pas ! La réussite aux examens ou aux concours ne signifie qu’une chose, la seule capacité à réussir des examens ou des concours ! C’est tout ! Et cela va sans dire mais encore mieux en le disant, cela ne signifie en aucun cas l’intelligence ! D’ailleurs, celle-ci est tellement multivariée, elle a tant de multiples facettes, qu’elle est impossible à quantifier !


Extrait du livre Officiers Perdus - Tome 3

·       À Saumur, la sélection était toute autre et on pourrait la résumer par une sélection par la Volonté ! La PMS assurait une certaine sélection, il fallait avoir le bac. Il était probablement plus facile de rentrer à Saumur qu’à l’ENSAE mais tout aussi difficile d’en sortir du moins avec les épaulettes d’aspirant, le premier grade d’officier. L’enseignement était séparé en deux grandes familles, les activités physiques le matin, sport et pratiques militaires comme le célébrissime parcours du combattant, et les activités intellectuelles l’après-midi, avec l’histoire des conflits, les futurs conflits possibles, le rôle de la cavalerie, chez nous et chez l’ennemi, l’armement (OTAN & Pacte de Varsovie), le renseignement et d’autres choses passionnantes ! Mais la difficulté à Saumur ne tenait pas aux activités ni à l’enseignement.


photo d'exemple du parcours du combattant

Un élève officier, quel grade ? Deuxième classe ? Théoriquement oui car il n’y a pas plus bas, mais pratiquement c’est faux, vous êtes encore moins, vous êtes troisième classe ou quatrième ou cinquième, en fait un élève officier est dernière classe et croyez-moi l’encadrement se charge de le lui faire comprendre ! Et c’est là qu’est la difficulté de Saumur et je pense pouvoir le dire de n’importe quelle école d’officier ! Le temps que vous y serez élève officier, l’encadrement fera tout pour vous dissuader de le devenir en essayant de vous faire admettre que le minuscule et misérable vermisseau que vous êtes est absolument indigne de l’honneur d’être officier. Tout sera fait alors pour vous en faire baver un maximum, corvées et marches forcées, surtout de nuit, accompagnées de sarcasmes et pressions psychologiques humiliantes. Le principal problème de l’élève officier est qu’il ne va pas réaliser tout de suite que c’est un véritable stratagème ! Essayer de faire craquer tout le monde en se disant que seuls les meilleurs ne craqueront pas et c’est justement ceux-là qu’on veut voir devenir officiers ! Lorsque l’élève officier aura compris que c’est un principe de management, une sorte de théâtre, alors il lui sera très facile de résister aux sarcasmes ou aux corvées et il aura ses galons quand ceux qui n’auront pas compris craqueront et échoueront ! La seule question qui se posera sera : n’a-t-on pas fait craquer aussi des élèves qui auraient été de bons officiers ? Saumur était avant tout une question de volonté !


Souvenir de Saumur : démontage-remontage du fusil mitrailleur AA 52 !


montage démontage du mitrailleur AA 52

C’était au programme du jour et l’adjudant Johnny Guitare était très heureux d’annoncer aux pauvres vermisseaux élèves officiers qu’il détenait le record de Saumur avec un chrono d’1minute et 40 secondes et il n’en était pas peu fier !

Pour ceux qui connaissent la genèse d’Officiers Perdus, vous savez que de 1961 à, 1963, lorsque mon père était en prison à Fresnes, j’ai eu un harki garde du corps Rabbah que j’adorais. ! Le soir on montait et démontait un fusil mitrailleur qui prenant le couloir d’entrée en enfilade le rendait inaccessible à tout intrus ! Et celui-ci était un AA 52 !

L’adjudant Johnny Guitare nous exécute un impeccable démontage-remontage de l’AA 52en 1 minute 41secondes très proche de son record ! Il se tourna vers nous :

—    Alors dans cette bande de minables y en a-t-il un qui voudrait tenter l’expérience ?

—    Moi, mon adjudant !

—    Etchegaray, con ou basque ? Cela doit être ça ! Sergent le chrono ! On va rigoler !

Ce fusil mitrailleur, je l’avais démonté et remonté avec Rabbah au moment du Putsch d’Alger, avec mon père en prison, dans des circonstances bien plus dramatiques et je démontais l’engin sans aucun stress comme Rabbah me l’avait appris ! En terminant je voyais l’adjudant préoccupé !

—    Sergent, le chrono ?

—    1minute et 35 secondes !

—    Pas possible !

—    Si le petit basque a le nouveau record !

Le sergent était goguenard !

—    La chance du débutant ! Etchegaray on recommence !

—    1 minute et 34 secondes ! Vous voulez qu’il continue à améliorer le record, mon adjudant ?

—    Etchegaray bon sang, où donc avez- vous appris à monter démonter un AA 52 ?

J’étais très embêté ! Pas question à Saumur, de dire que je tenais ça d’un harki parachutiste membre de l’OAS, mon garde du corps ! Demandant mentalement pardon à Rabbah :

—     A la PMS, mon adjudant !

—     Ce n’est pas au programme de la PMS !

—    Non mais on avait un adjudant, comme vous fana AA52, très sympa, et c’est lui qui m’a appris ! 

 


Laquelle des deux écoles était la plus utile ?


laquelle des deux école est la plus facile

Officiers Perdus T3 L’Heure de la Relève 2/2 III Diviser n’est pas régner


Dans le bureau de Gérard, l’ambiance était beaucoup plus festive car tous les mois, on atteignait les objectifs, les dépassant même souvent.

  •  Mais Pampi dis-moi comment tu fais, tes succès avec les clients ça je peux le comprendre mais même avec tes employés ? Ils te suivent, ils se dépassent, et font des choses comme des briefings clients, des propositions clients qu’on ne fait qu’après des années d’expérience qu’ils n’ont pas !

  •  Écoute, Gérard, mes employés, je les considère comme mes clients et ça c’est un principe fondamental. Je leur accorde la même attention, la même écoute ou plutôt la même empathie dans un seul et même but qu’avec des clients !

  •  Qui est ?

  •  Les séduire ! Les clients, il faut les séduire pour qu’ils achètent, les employés les séduire pour qu’ils travaillent !

  •  Et comment tu fais pour les séduire ?

  •  Les clients, les employés, ou les nanas c’est pareil ! Il faut d’abord les faire parler, les écouter, se mettre à leur place, ça c’est l’empathie, et seulement après avoir fait cela, alors tu utilises ton pouvoir de persuasion, tu ne rêves que d’une chose, pour les clients travailler avec eux, pour les employés les faire progresser et pour les filles, je pense que tu n’as pas besoin d’un dessin !

  •  Non, pour les nanas, je sais à peu près faire, mais pour les employés, comment fais-tu pour les faire progresser comme ça aussi vite ?

  •  Eh bien, déjà ne jamais leur demander une chose que tu ne sais pas faire, préalable absolu ! Ensuite tu leur montres comment faire et enfin tu leur dis qu’eux peuvent le faire ! D’une façon générale, les gens, surtout à leurs débuts manquent de confiance en eux, alors il faut leur en donner ! Si mon chef a confiance en moi, pourquoi moi je n’aurais pas confiance en lui ? Ainsi tu arrives à leur faire faire des choses qu’eux-mêmes n’auraient pas pensé pouvoir faire et ils en seront d’autant plus fiers et là, ce sera gagné ! Ils marcheront derrière toi jusqu’à la prochaine étape, le prochain sommet !

  •  Mais c’est à l’ENSAE que tu as appris tout ça ? 

  •  Non, c’est d’abord à Saumur, l’École d’Officiers de la Cavalerie, que j’ai appris les bases, les fondements et ensuite au 13ème Hussard Parachutiste que je les ai mis en application, ce qui m’a fait beaucoup progresser !

  •  Des cours de management dans l’Armée ! Et même dans les paras ?

  •  Oui, mais là-bas, cela s’appelle le commandement, pas le management, mais en fait c’est pareil !

  •  C’est comme ça que vous arrivez à les faire sauter en parachute ?

  •  Non, le parachute c’est différent ! Soit on peut, soit on ne peut pas et là on ne peut vraiment pas les forcer à sauter !

  •  Même en les poussant ?

  •  Ah non, Gérard, pas toi, pas cette fable, on ne pousse surtout pas un para récalcitrant, ce serait contre-productif, rien que le temps de le pousser, l’avion aurait fait plusieurs kilomètres, donc impossible. D’ailleurs, on fait tout pour éviter cela, et sauter d’une tour en bois haute de quelques mètres, avec le dos relié à une poulie permet quasiment toujours de détecter ceux qui ne pourront pas.


logo de l'école de cavalerie de Saumur

Rabbah : mon harki garde du corps


Il s’appelait Rabbah. C’était un Harki. Il était mon garde du corps. Et moi, j’avais 5 ans !

Mon père, absent car en prison à Fresnes, avait tenu à faire protéger sa famille contre diverses menaces, du SAC notamment ! Le Service d’Action Civique, véritable police parallèle de De Gaulle, était l’auteur de multiples sévices et l’enlèvement d’enfants des officiers de l’OAS était très redouté !

Dès début 1961, il était clair que le sort des harkis allait être terrible et leur vie même menacée ! Mon père très attaché à ses harkis ne pouvait pas les sauver tous.  Mais il avait convaincu un camarade officier de l’armée de l’Air, d’en embarquer trois, en passagers clandestins, dans un avion, militaire donc, qu’il convoyait vers le Sud-Ouest de la France !

Rabbah, Mohamed, et Saïd étaient donc disponibles à Bordeaux où nous avions élu domicile mes grands-parents maternels y habitant. Saïd, qui était également cuisinier, assurait la protection de ma mère, Mohamed de mes deux sœurs, et Rabbah était mon garde du corps.

Rabbah était grand, il était beau, Edith Piaf aurait sûrement rajouté qu’il sentait bon le sable chaud !

Le matin, il m’emmenait à l’école, portant sous son blouson le poignard des parachutistes, invisible donc mais moi je savais !

Une fois la classe rentrée dans la salle, il restait devant la porte fermée en interdisant l’accès à quiconque ! Et ce rituel recommençait tous les jours ! Le soir, on montait et démontait un fusil mitrailleur qui prenant le couloir d’entrée en enfilade le rendait inaccessible à tout intrus !

Deux ans plus tard, mon père ayant retrouvé alors la liberté pour bonne conduite, même en prison un officier reste un officier, le jeune pouvoir Algérien avait commencé à leur chanter le chant des sirènes sur le thème : « Harkis, rentrez chez vous car tout est pardonné. L’Armée Algérienne a besoin de soldats comme vous, vous y serez intégrés et même promus au grade supérieur ! ».

Mon père et ma mère ont eu beau leur dire de se méfier, et d’autres harkis dirent la même chose, que c’était un piège qu’il ne fallait pas y aller… Saïd, Rabbah et Mohammed ont voulu tenter leur chance et rentrer en Algérie. Leur histoire s’est terminée brutalement et tragiquement avec le sourire Kabyle : Égorgés dans un sous-sol de l’Aéroport d’Alger !

Mes parents ont essayé de nous cacher la vérité sur ce drame. Mais, un jour recevant des amis, ils se sont coupés, et, alors j’ai compris et fus glacé d’horreur. Puis ce furent les larmes.

Il s’appelait Rabbah. C’était un Harki. Il était mon idole. Et moi, j’avais 7 ans !


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Tome 3 + 4 officiers perdus




Tome 1 + 2 Officiers Perdus




Tome 1 et 3 Officiers Perdus




Les 4 tomes saga Officiers Perdus

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